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Dorinne, par Jean Germain PDF Imprimer Envoyer

Nos villages d’autrefois… aujourd’hui…. Demain…

Juillet - Août 1976

© Jean GERMAIN

 

Chapitre 1 – DORINNE 

HISTOIRE 

C’est en venant de Thynes que le voyageur, parvenu aux confins de Dorinne, peut embrasser le panorama dans toute son étendue : c’est de là que Saumery a dépeint exactement le terroir de ‘Dorinne’ ». Le terrain s’aplanit insensiblement et aboutit à une plaine assez vaste, terminée par une colline. On voit sur sa pente qui est presque imperceptible un gros village qui embellit la perspective de ce riant coteau. Plusieurs fermes grandes et bien bâties y répandent un air d’opulence et sont une preuve de la fertilité de la région. A mi-côté, se profile l’église avec sa tour massive et sa maçonnerie gris clair ; puis échelonnées, le long de la crête, à une altitude moyenne de 280 mètres, sur un bon kilomètre d’étendue, se dressent une 60taine de maison. A partir de cette crête, le terrain descend bientôt pour aboutir aux bois escarpés qui bordent les sinuosités du Bocq. 

Le nom même de notre village semble lui reconnaître une grande ancienneté. La présence d’ailleurs de vielles voies romaines justifie cette opinion. On retrouve en effet les traces d’une de ces murailles portant un chemin, vieille de 200 ans. Notre village était modestement un relais de grand’routes et sa première dénomination était Durina évolué en Dorines, Dorenne et puis Dorinne comme le témoignent divers documents. Gerardus de Dorina est cité dans un écrit en 1161.  Dans l’histoire de Floreffe en 1297, on parle de Dorinias. Dorenne se trouve dans plusieurs écrits et notamment en 1384. Il est resté l’appellation wallonne. 

A Dorinne même, on n’a recueilli que d’insignifiantes antiquités franques ; mais à proximité, les fouilles ont mis au jour, à la « Haye Collo », entre Dorinne et Spontin, une tombe franque, paraissant remonter au IIIe siècle. Elle contenait des urnes en poterie, un reste de baudrier muni de boutons en bronze. Près de la ferme de Salazinne, un champ porte le nom de terre aux Tombes. Sur un espace long de 60m, large de 30m, 162 tombes franques ont fourni des armes, des ustensiles en terre cuite, des bijoux et de nombreuses pièces de monnaie. Ces objets ainsi que la tombe de la « Haye Collo » se trouvent au musée Archéologique de Namur. 

Le territoire actuel de Dorinne résulte de la réunion en 1821 de deux sections, jadis ressortissant de deux juridictions indépendantes l’une de l’autre : le Comté de Namur et la principauté de Liège. La section liègeoise plus populeuse, formait une seule communauté distincte. La section namuroise (Pays du Roi) faisait partie avec Durnal et Purnode de la seigneurie de Spontin, elle-même ressortissant de la prévôté de Poilvache.  L’histoire du territoire namurois de Dorinne est donc intimement liée à celle de Spontin. Dès le XIIIe siècle, les sires de Spontin possédaient Dorinne. Nicolas de Salmier obtint, à la fin du XVIe siècle, la seigneurie de Dorinne et devint, à la mort de son frères aîné, seigneur de Vezin, de Brumagne, etc. En 1664, Gilles de Glimes, seigneur de Saimer, Fraire-laGrande, Dorinne et Souvet, fait mutation par décès de ses père et mère. En 1747, l’abbé de Leffe, Perpète Renson, cède la seigneurie acquise par lui en 1734, à François de Glimes, colonel des gardes wallonnes. La seigneurie féodale de Dorinne est un des fiefs les plus anciens de la principauté de Liège ; son territoire était constitué d’une langue de terre qui pénétrait bien avant dans la Comté de Namur.  Le plus ancien seigneur de la partie liègeoise de Dorinne est Michel de Fontaines, cité dans un acte en 1314. Dorinne figure dans deux récits de la haute Cour de Ciney de la fin du XVIe siècle comme une des 32 seigneuries de la mairie de Ciney et soumises comme telles à l’autorité du grand bailli du Condroz. En 1733 est réalisée devant les échevins de Dorinne, la vente d’un journal « aux Exey » par J. Bry à Martin Masy, à condition de lui payer annuellement 12 pattars de Liège au seigneur de Dorinne et 3 pattars ½ au seigneur de Spontin. Une liste de 1815 énumère 20 chefs de ménage de la commune de Spontin à Dorinne. A la même époque 35 ménages sur le territoire du pays de Liège.  Lors de l’adjonction en 1821 de la section du Pays du Roy, 22 habitations y sont signalées.  La portion du territoire de Dorinne comprise, de nos jours encore, sous le noms de « Pays du Roi » faisait partie intégrante de Spontin dont elle partagea les destinées. La population pour les 2 sections réunies était en 1817 de 300 âmes environ ; en 1826 la commune comptait 313 habitants ; en 1834 ils étaient 326.  Par la suite, le chiffre n’a cessé d’augmenter pour aboutir en 1907 à 469. 

Dans le dictionnaire géographique de Van der Mael pour 1832, nous trouvons renseignées : 51 maisons rurales, 5 fermes et une maison particulière. En 1903, on en comptait une centaine, outre le château, le presbytère, la maison d’école et la maison communale.  Quelques rares constructions paraissent remonter à la fin du XVIIe siècle ou au commencement du XVIIIe.  Le millésime de 1690 est placé à l’entrée de la cense de Dorinne. Le dénombrement qui se fit en 1830 renseigne à Dorinne : 1 étudiant, 1 accoucheuse, 4 militaires, 1 négociant, 6 propriétaires rentiers, 50 cultivateurs, 8 professant des arts mécaniques, 1 brasseur, 3 cabaretiers, 71 ouvriers ou domestiques, 1 mendiant. En 1834, la brasserie (maison Ronveaux) occupait 2 ouvriers au salaire journalier de 1,5 fr. On y brassait 730 tonnes de bière à 14 fr. Les matières employées : l’orge, l’épeautre, le seigle, l’avoine, le houblon. En 1832, il y avait 4 métiers à tisser la toile, la salaire moyen des tisserands était, comme celui de l’ouvrier agricole, de 2 fr. La culture du sol, l’élevage et l’engraissement du bétail continue à procurer aux habitants les ressources nécessaires à la vie.  La bulletin de statistique agricole de 1834 mentionne 125 bêtes à cornes et 300 moutons. A la fin du siècle, le nombre des bêtes à cornes était plus que doublé. On commence alors une application plus sérieuse, plus intelligente des préceptes de l’hygiène et écarte ainsi bien des maladies du bétail.  L’apiculture n’a pas été ignorée des anciens Dorinnois, mais elle n’a pas rencontré auprès d’eux la faveur qu’elle mérite et qu’elle s’est acquise chez quelques amateurs, auxquels elle rapporte, bon an mal an, quelque bénéfice. Les modestes ressources de la commune consistent principalement dans une part minime des contributions, l’exploitation des bois, la location des terrains communaux.

Depuis mai 1902, dans la vallée à un kilomètre du centre du village, une halte de chemin de fer de la ligne de Ciney à Yvoir desservait la localité.Le bureau de poste est à Spontin, distant de 3km. Un appareil téléphonique fonctionne aux frais de la commune et est à l’usage des habitants depuis 1909.  Ceci montre les progrès réalisés depuis l’époque où un express venait à cheval de Liège intimer un mandement des échevins (1698) et de celle de 1743 où le port d’une lettre de Ciney coûtait 20 sous. Avec tous les bienfaits modernes, Dorinne a évolué beaucoup durant ces dernières années. Les Dorinnois jouissent de l’eau courante dans toutes les maisons depuis 1943. La construction du magnifique château d’eau d’une hauteur de 19m. L’illumination urbaine elle, date de 1949. 

Dorinne reste un village semi-agricole, une village rural. Il convient de remarquer que le mot rural ne signifie pas agricole. Si le village comporte un pourcentage d’agriculteurs, il compte une forte proportion de non-agriculteurs : artisans, maçons, plombiers, employés et ouvriers quittant chaque matin le village pour aller travailler à l’extérieur. Ces derniers, tout en portant la marque de travail, restent néanmoins des Dorinnois ; en résumé, Dorinne est avant tout un village où la mentalité est locale et où, en fait, l’agriculture tout en n’étant pas nécessairement le moyen de subsistance exclusif ni principal, joue cependant un rôle prédominant. 

Le Dorinnois garde profondément l’esprit de clocher et de communauté, on vit à Dorinne sur un pied de complète égalité, le village forme une famille ; tous s’y connaissent à fond, on s’y appelle toujours par son prénom.  Les Dorinnois ont besoin les uns des autres.  Le Dorinnois est un travailleur, il a l’esprit d’économie et de prévoyance.  Le Dorinnois tient à sa famille. On fait bloc et on se retrouve tous à certaines circonstances. Le Dorinnois a le sens de la mesure et du bon sens.  La simplicité et la sincérité sont des qualités qui lui tiennent à cœur. Le Dorinnois est par principe opposé à toutes innovations. « On a toujours fait comme ça » est un argument péremptoire chez nous.  Le Dorinnois à l’esprit chrétien, on pourrait souligner les nombreux actes charitables qui s’y sont rencontrés. Dorinne est sans aucun doute un village où le touriste harassé fait une halte pour tenter quelques photos sauvages, ou s’y reposer. Il ne s’y installe pas. 

Dorinne ne connaît aucune pollution. Dorinne est resté ce village intact chanté dans « les délices du Pays de Liège » par Saumery en 1743. 

FONTAINES

- Fontaine Rolaine                      1572

- Fontaine Vieme                        1564

- Fontaine du Maréchal            1699

- Fontaine du Savoyard (Chestrée) 

LIEUX-DITS (principaux)

-         Terre à la justice (1703)

-         Terre à la chapelle (St-Donat)

-         Terre à l’Spenne

-         Terre du trou

-         Terre Golinvaux

-         Campagne Chovelette (1569)

-         Champ de Purnode (1708)

-         Champ de Spontin (vers Salazinnes) (1703)

-         Fond de Salazinnes (1572)

-         Fagnes (1680)

-         Spenhé (1572)

-         Aux Agauches (1572)

-         A la blanche pierre (1570)

-         Le clavia (1594)

-         Aux bolettes (1573)

-         Les grands trys

-         Turlur (1572)

-         Vette voyes (1700)

-         Les voisineaux (Veginia) (1572)

-         Trou des chats (carrière) (1760)

-         La mairie (1686)

-         La couture du mont (1570)

-         Plantis

-         Champia

-         Haie Collo

-         Tienne Adam

-         Horichamp

-         Al Closair

-         Fond des Aipes

-         Les onze Bonniers 

Histoire de Dorinne (paroisse) 

La paroisse de Dorinne est placée sous le patronage de Saint-fiacre, qui est en même temps titulaire de l’église. Sa fête se célèbre le 30 août. St Fiacre est le patron des jardiniers et généralement de tous ceux qui s’adonnent  à la culture de la terre. Il est impossible, vu l’absence de documents, d’assigner une date même approximative à l’érection de la paroisse de Dorinne (Pays de Liège). L’existence constatée d’une église vers 1343 pourrait faire supposer que déjà a cette époque, un titre curial y était attaché.  Dans le Pouillé ou relevé des bénéfices du diocèse de Liège, élaboré en 1558, l’église de Dorinne est mentionnée. Dans sa déclaration de 1787, le curé Grogniaux qualifie l’église de Dorinne de « mère Eglise ». L’église de Dorinne était une église médiane.  Le collateur de l’église de Dorinne était l’abbé de Leffe qui la faisait desservir par un des religieux de son monastère. 

 

L’ancienne église se trouvait à l’emplacement actuel du cimetière. Modeste de proportions, dépourvue de tout caractère architectural avec sa nef unique, son maître-autel à colonnades telle était l’ancienne église. Il y avait 2 tilleuls qui croissaient devant l’église ; ils furent vendus en 1848 pour servir à la réparation de l’édifice. L’ancienne église n’étant destinée qu’aux habitants du pays de Liège, lorsqu’elle fût en piteux état et beaucoup trop petite, on finit par se résoudre à sa disparition. 

Le 2 octobre 1890, la nouvelle église est solennellement bénite par M.Houba.  L’église coûta 55.000frs. Dans la nouvelle église en style gothique, on installa, nouvelle chaire de vérité, autels et confessionnaux, banc de communion tous en bois de chêne sculptés. Les vitraux de chœur sont dus à un peintre de Tilff. On conserve de l’ancienne église les 3 cloches et le chemin de croix, œuvre moderne du peintre Rideau de Floreffe. L’orgue est une pièce gigantesque.  Notre sacristie possède un splendide ostensoir, légué par Mr L’abbé Dupagne, qui l’avait reçu de S.M. la Rein Marie-Henriette tandis qu’il était chapelain au château royal de Ciergnon. Un des ciboires se trouve être une pièce d’orfèvrerie du style Louis XIII. Une croix de bois paraît appartenir au XVIe siècle. La paroisse possèdes actuellement 3 cloches : Fiacre, qui pèse 640Kg, Joseph, 468Kg et Marie qui est la seule cloche existant depuis 1848. 

Dorinne ne possède qu’une seule chapelle, celle de la rue des Fossés et dédiée à N-D de Lourdes. La statue du Sacré-Cœur fut érigée en 1930, en face de la principale artère qui gravit la côte.  Il ouvre les bras dans un geste de pardon. Sa présence grandiose n’a pas laissé de gêner en 1944 un officier allemand qui tira un coup de revolver dans le côté de la statue. Cet officier périt du même coup, peu après.

Il y a également dans la paroisse de nombreuses stèles dédiées à St Donat, Ste Adèle, Ste Thérèse, N-D de Bon Secours. Ces stèles ont été élevées souvent en reconnaissance pour des guérisons obtenues. 

Actuellement, il existe dans la paroisse une groupement des « ménagères rurales » ou « mères chrétiennes » qui se réunissent régulièrement. Cet organisme national comprend dans son activité la revue mensuelle « Plein soleil ». 

Depuis le 15 décembre 1965, la salle paroissiale a repris ses activités. Sous la direction du R.P. Albert Bodart, curé de Dorinne à l’époque, la salle fut reconstruite. Cette salle fait partie des dépendances cédées à la paroisse par la famille Thibaut. 

Le 1er avril 1968, un comité paroissial a été créé. Son but est de promouvoir diverses réunions ou manifestations dans la paroisse afin de l’animer au point de vue culturel et récréatif. On peut dire que ces différentes activités sont réussies et notamment la réalisation d’expositions, récitals,… On ne peut non plus passer sous silence l’organisation annuelle de la fête de St-Nicolas pour les petits, et le goûter de Noël offert aux personnes ayant atteint 65 ans. Les Fancy-Fair à l’occasion de la fête de St-Fiacre sont toujours très appréciées et connaissent un succès toujours grandissant. Le comité paroissial a la charge également d’entretenir et d’améliorer tout le bloc de bâtiments (anciennes écoles, ancienne habitation des religieuses, etc.) ce qu’il fait est uniquement réalisé par de la main-d’œuvre bénévole, sauf quelques gros travaux de maçonnerie, toiture, etc. 

La salle paroissiale est ouverte chaque dimanche à tous, jeunes et moins jeunes, hommes ou femmes. Quelques heures passées en se divertissant sainement permettront sans aucun doute de reprendre le travail avec plus d’ardeur. 

Liste incomplète des bourgmestres de Dorinne

 

XVIe s.

Varnot de Dorinne

1311

XVe s.

Johan de JassogneAntoine Contraire

1405

1497

XVIe s.

Johan de Chouly

Jean le Fébure

Jean Michault

Jacques  Maigret

Johan Phelippea

Guillaume Jaddoulle

Hubert Wérion

1544

1556

1557

1563

1570

1586

1599

XVIIe s.

Hubert Wérion

Arthur Mathy

Perpète  de Loyr

Philippe Mathy

Guillaume de Juillers

Lambert Son

Guillaume Delvosal

1606

1613

1615

1645

1684

1699

1699

XVIIIe s.

Ghislain Noizet

J. de Velette

François Coloz

Jacques de Frahan

Toussaint Levage

N. ThibautJ-F Donot

R. Quinot (censier du Mont)

Thibaut

Arnould

Lurkin

Sohy

1709 

1731

1734

1740

1744

1778

1797

1891

1896

1908-1911

1912-1918

Xxe s.

F. Gillet

J. Focant

D. Charlot

A. Paquet

A. Reuliaux

J. Paquet

1918-1938

1938-1950

1958-1959

1959-1964

1964-1975

1975

 

 

 

 

 


 

La paroisse de Dorinne

 

Historique de l’église de Dorinne

 

L’ancienne église de Dorinne dont il est déjà fait mention en 1344 était située sur l’emplacement actuel du cimetière.  Elle avait subi maintes restaurations et était devenue trop petite pour une population de 520 habitants. La partie réservée aux fidèles ne comprenait qu’environ 100m2 alors que dans l’église actuelle, elle est de 270m2.  Un arrêté royal de 1847 autorisait l’administration communale à agrandir l’édifice.  Ce projet fut cependant abandonné. Lors de la séance du conseil communal du 22 janvier 1887 présidée par Monsieur Quinst, échevin, et à laquelle assistaient Messieurs Mazy, échevin Thibaut, Stiernotte, Arnould, Gillet et Lurkin, conseillers et Stiernotte, secrétaire, il fut décidé à l’unanimité de construire une nouvelle église en rapport avec la population et son accroissement présumé et de la placer hors du cimetière.  Au  sujet de l’emplacement, deux propositions furent émises : l’une tendait à acquérir des terrains situés près et à l’Est du cimetière au lieu dit « le Douaire », l’autre accordait la préférence à des parcelles avoisinant le presbytère, du côté Ouest, au lieu-dit « le grand Cortil ».  Dans la séance du 31 janvier 1887, le conseil communal rejette la 1ère proposition par 4 voix contre 3 et adopte la seconde par 4 voix contre 2 et une abstention.  Le devis de l’avant-projet de l’église s’élève à 44.479F.  Le 3 juillet 1887, le plan dressé par l’architecte Lange de Namur est adopté et la commune décide d’intervenir dans la dépense pour une somme de 24.479F. couverte par les ressources ordinaires, par une coupe extraordinaire de futaie et au moyen d’un emprunt de 17.000F par l’entremise du Crédit Communal.  Il sollicite de l’Etat et de la province un subside de 10.000F.  Un arrêté Royal du 9 février 1888 autorise la construction de l’église. Elle fut adjugée à l’entrepreneur F.Etienne de Hévilers pour la somme de 43.789F. Mme Veuve Arnould et Mr Xavier Thibaut s’engagent, chacun en ce qui les concerne, à faire don à la commune de l’emplacement choisi.  Le 16 avril 1888, Mr L’abbé Houba, doyen de Ciney, bénit la 1ere pierre. Les pierres nécessaires à la construction furent extraites à la grande carrière de Spontin.  Les colonnes taillées d’une seule pièce, ce qui est exceptionnel, proviennent de la carrière du trou des chats.  Compte tenu des suppléments inévitables la dépense totale est porté à 55.000F. De l’ancienne église, on ne conserva que les 3 cloches : Fiacre, Joseph, Marie, le chemin de croix du peintre Rideau de Floreffe, les fonts baptismaux et une grande croix en bois du XVIe siècle.  Parmi les vases et objets sacrés figurent un ciboire du XVIe siècle ainsi qu’un ostensoir que Monsieur l’abbé Dupagne, curé de la paroisse, avait reçu de la reine Marie-Henriette alors qu’il était chapelain au château royal de Ciergnon.  Cet ostensoir, il le légua à l’église de Dorinne. Le mobilier fut renouvelé suite à une décision du conseil communal prise au cours de la séance du 23 avril 1890 présidée par Mr Thibaut, bourgmestre.  Le maître-autel, les autels latéraux, la chaire de vérité, les 2 confessionnaux, le banc de communion et la balustrade du jubé, tous en bois de chêne, furent sculptés par Messieurs Goyers frères de Louvain, pour une somme de 10.000F.  Les vitraux du chœur furent réalisés par Mr Ostenrath, peintre à Tilff.  Le devis s’éleva à 1943F.  La dépense totale pour meubler et orner l’église atteignit donc 11943F, somme considérable que la commune et la fabrique d’église ne pouvaient fournir.  Force fut de faire appel à la générosité des paroissiens. Ils ont souscrit ensemble pour une somme de 8428F, soit 70% de la dépense totale.  L’Etat et la province intervenant pour la différence.  Les noms des généreux donateurs sont gravés dans 2 plaques de marbre placées dans le fond de l’église.  Le 2 octobre 1890, la nouvelle église est solennellement bénite par Mr l’abbé Houba.  Le samedi 4 octobre 1890, à la demande de Mr la cure Dupagne, les paroissiens nombreux et recueillis escortaient le Saint Sacrement et l’introduisaient dans le nouveau sanctuaire.

 

En 1901, le mobilier de l’église fut complété par l’achat des orgues au prix de 7300F. L’instrument fut placé et inauguré dans le courant de novembre. Il sort des ateliers du facteur Scheyven de Bruxelles.  En 1943, 2 cloches furent enlevées par les Allemands.  Le 4 novembre 1951, 2 nouvelles cloches furent consacrées par Monseigneur Charue.

- Fiacre :                      parrain : Mr Jules Focant.

Marraine : Mme Suzane Drion

- Joseph :                     parrain : Mr Nicolas Delahaut

                                    marraine : Mme Françoise Gilet

  

Liste incomplète des curés de Dorinne

 Pères Norbertins de Leffe, curés de la paroisse : 

Frère Fiacre Wafflars, dit de Sozoie

Frère Pierre de Monnain

Frère Lambert Noette

Frère Henri Maillart

Frère Pierre de Hoyet

Frère Perpète Renson (abbé de Leffe, restaurateur de l’abbaye)

Frère Jean de Thier

Frère Jean Levache ou Levage

Frère Paul Monon

Frère Jérôme Pièvet

Frère Hugues Grogniaux

1570

1586

1603

1661

1691

1704 

1722

1759

1767

1772

1807

 En 1806, jusqu’en 1836, la paroisse de Dorinne fût annexée à la cure de Spontin. 

J-F. Dupont (vicaire)

A. Frérot (vicaire)

J-C. Gillet (vicaire)

J. Frippiat (vicaire)

A-J. Braun (vicaire)

F-J. Lambert (vicaire)

F-J. Lambert (curé)

Léopold Fichefet

Pierre Dupagne

Gustave Cabu

Pierre Servais

Second Bodart

Joseph Grainson

R.P. Albert Bodart

R.P. Jean Martin

1806

1818

1830

1833

1834

1835-1837

1837-1858

1858-1885

1886-1893

1893-1903

1903-1926

1926-1951

1951-1964

1965-1967

1967

 

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